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  • La CHA travaille actuellement sur l’élaboration d’un programme expérimental d’accompagnement vers la Vie Autonome. La spécificité de cet accompagnement est liée à sa nature : répondant à l’un des principes de la Vie Autonome, qui pose comme outil élémentaire le soutien et les échanges entre pairs, cet accompagnement ferait fructifier l’expertise détenue par les personnes handicapées ayant une certaine expérience de l’autonomie.

    Ce programme ne s’inscrit donc pas dans un schéma médicosocial (groupe d’entraide mutuelle, service d’accompagnement à la vie sociale, etc.), mais relève bien d’une innovation sociale qui pourrait simplifier les démarches, répondre de façon immédiate à un besoin, et donner à la personne handicapée, en complémentarité de la sphère professionnelle, confiance, astuces, et autodétermination pour la réalisation de son parcours de vie.

  • L’association porte également un projet d’étude sur les enjeux de la Vie Autonome. :

    L’objet de la recherche

    1. Acceptions des termes « Autonomie » / « Vie Autonome »
    S’appuyant sur une définition du handicap multidimensionnelle, le système de compensation français permet aux personnes en situation de handicap de vivre en autonomie, à domicile. Cinq à six heures d’aides humaines leur sont pour le plus souvent attribuées, leur permettant de satisfaire des besoins essentiels tels que la toilette, l’élimination, ou l’alimentation. Quand elle n’est pas utilisée pour les besoins essentiels, l’heure quotidienne de vie sociale allouée est généralement cumulée dans la semaine, permettant une, parfois deux sorties hebdomadaires.
    Pour ces personnes en état de grande dépendance, ayant besoin d’un tiers pour accomplir les gestes simples de la vie quotidienne, les aides accordées conditionnent de fait leur autonomie. Or, force est de constater qu’avec cinq ou six heures d’aide humaine, la réalité de leur « autonomie » se rapproche d’avantage d’une forme de « survie » à domicile, plutôt que du concept de « Vie Autonome ».
    L’autonomie telle qu’elle est définie en France, et l’autonomie issue du concept de « Vie Autonome » renvoyant  à l’idée de liberté et de choix, sont donc deux principes qui diffèrent fondamentalement.
    Au niveau européen, et selon E.N.I.L. (European Network on Independent Living), la Vie Autonome est définie comme une combinaison de facteurs environnementaux et individuels permettant aux personnes handicapées de contrôler leur propre vie. Elle s’applique à toutes les personnes handicapées, quel que soit leur niveau de dépendance.

    La Vie Autonome induit :
    - La possibilité pour les personnes handicapées de choisir leur lieu de résidence
    - La possibilité de décider avec qui et comment elles souhaitent vivre
    - Que l’environnement construit et les transports publics soient accessibles
    - Qu’un soutien technique soit possible
    - Qu’un accès à l’accompagnement individualisé et aux services de droit commun soient possibles.
    Selon le R.I.P.P.H. (Réseau International sur le Processus de Production du Handicap), les facteurs environnementaux et les facteurs individuels sont définis comme suit :
    Un facteur environnemental est une dimension sociale ou physique qui détermine l’organisation et le contexte d’une société. Il existe, pour apprécier ces facteurs, des facilitateurs et des obstacles qui favorisent ou entravent la réalisation des activités courantes ou des rôles valorisés par la personne. Ces activités et ces rôles permettent de déterminer entre autres la qualité de participation sociale.
    Un facteur individuel (ou personnel) est une caractéristique appartenant à la personne, telle que l’âge, le sexe, l’identité socioculturelle, les systèmes organiques (de l’intégrité jusqu’à la déficience importante), ou encore les aptitudes (capacités, incapacités).

    2. Objectifs de la recherche
    A) Etude comparative pour évaluer la réalité économique de la vie en institution et celle de la « vie autonome » / le coût par individu
    Exemples d’éléments pour la vie en Institution : investissement concernant les centres médico-sociaux, emplois des professionnels, prix de journée, etc.
    Exemples d’éléments pour la  vie autonome : employabilité des personnes handicapées et de leurs proches, impact économique en tant que consommateurs et employeurs.
    B) Etude comparative pour évaluer la qualité de vie en institution, en situation de « maintien à domicile » et en situation de « vie autonome »
     Exemples : évaluation des besoins de la personne et de la famille, bien-être et sécurité des personnes handicapées, qualité de participation sociale et citoyenne des personnes handicapées.
    C) Etude prospective pour définir les éléments de bonnes pratiques en France et à l’Etranger
    Exemples : l’accompagnement par les pairs en Allemagne ; la Coopérative J.A.G. en Suède, administrée par des personnes déficientes mentales ; les Centres Ressources pour la Vie Autonome au Canada, comme l’Ottawa Independent Living Resource Center ;  des projets d’habitat résidentiel comme Pignons sur roue, toujours au Canada, etc.

    3. Publics concernés
    Les publics concernés sont les suivants : personnes handicapées moteur et/ou sensoriel, jeunes adultes et adultes.

    4. Enjeux de la recherche
    Le projet de recherche vise à obtenir des connaissances sur la qualité de vie et la participation sociale effective des personnes handicapées selon qu’elles sont prises en charge en établissement, « maintenues » à domicile, ou vivant selon les principes d’une vie autonome en milieu ordinaire, afin de produire un outil pertinent de promotion de la Vie Autonome auprès des professionnels du secteur médico-social et des décideurs politiques.